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Voivoid, voevod, ou vovoid
vendredi 5 juin 2015
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JPEGCe mot mystérieux entendu, recueilli et accueilli à l’arrivée à Bacau m’a accompagnée tout au long de mon parcours roumain (22 au 29 mars 2015).

Latiniste atteinte d’un doute sur mon raisonnement linguistique (me fallait-il comprendre l’adjectif ovoïde enrichi d’un v épenthétique ?) je me suis bien gardée de demander le sens de ce mot fascinant. L’écrivain Colette elle-même, enfant, gardait son secret pour elle afin de pouvoir continuer, dans son univers intérieur, à nommer presbytère le petit escargot rayé jaune et noir.

Alors j’ai enrichi le plaisir de multiples découvertes avec ce jeu de pistes, à la recherche d’une énigmatique réalité et guidée par ce mot qui m’habitait.

Etait-ce une des spécialités gastronomiques dont nous nous sommes régalés : la « supa in paine » délicieuse soupe aux oignons et aux cèpes servie dans un pain rond ou le « placinta » onctueuse brioche au fromage frais parsemé d’amandes effilées, ou bien encore le « papanaş », inoubliable beignet au fromage blanc et à la confiture ?

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Mais non, je devais me fourvoyer - de plus en plus frappée chaque jour par la dimension spirituelle et artistique de ce pays si accueillant- il me fallait orienter ailleurs mes hypothèses sur ce mystère en forme d’oeuf : peut être vers les traditions agricoles, et méditer sur la forme de la meule, ou encore vers le calme visage de la lune sculpté par Ion Irimescu et découvert au splendide musée de Falticeni.

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Oui, je croyais détenir enfin la clef du mystère lorsque la visite du musée des oeufs à Vama est venue me proposer encore une autre hypothèse.

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Mais non, n’était-ce pas plutôt les motifs de l’arbre de Jessé au monastère de Voronet, l’apogée bleu lumineux de cette semaine de découvertes ?

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Il était temps, avant de repartir, d’interroger Gheorge Popa, notre hôte chaleureux et érudit, directeur du centre culturel de Bacau. Hélas, mes élucubrations linguistiques étaient erronées. C’est le slavon qui avait formé ce terme de voi (l’armée) et voda (le conducteur) pour désigner un gouverneur, un chef militaire.

Voilà donc que se dressait devant moi l’image finale, la grande figure d’Etienne le Grand, le Voivoid, représenté sur une fresque du monastère de Voronet.


Chantal Richard Stagiaire Projet Erasmus+ Former des formateurs à l’histoire européenne des arts Formateur Association Paysage et patrimoine sans frontière